Brèves : Néandertal n’a pas disparu à cause du volcanisme italien

Il y a environ 40.000 ans, un supervolcan de l’actuelle Italie crachait d’importantes volutes de fumées et de cendres et altérait le climat de la planète. A la même époque, Néandertal s’éteignait. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Non, d’après des chercheurs californiens.

Si le volcanisme intensif peut fortement changer le climat, il semble qu'il n'ait pas contribué à l'extinction des Néandertaliens. © "Krakatoa eruption 2008" by Thomas.Schiet - Own work. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Krakatoa_eruption_2008.jpg#mediaviewer/File:Krakatoa_eruption_2008.jpg

Si le volcanisme intensif peut fortement changer le climat, il semble qu’il n’ait pas contribué à l’extinction des Néandertaliens. © « Krakatoa eruption 2008 » by Thomas.Schiet – Own work. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Krakatoa_eruption_2008.jpg#mediaviewer/File:Krakatoa_eruption_2008.jpg

Mais qu’est-ce qui a bien pu faire disparaître notre cousin Néandertal ? Les hypothèses s’enchaînent, se complètent, se cumulent, se contredisent, mais le mystère reste entier. Parmi les suppositions évoquées, celle d’un volcanisme intense générant un refroidissement de la planète et donc un durcissement des conditions sur les sites de vie de ces Hommes préhistoriques. Car il y a près de 40.000 ans, la Terre allait connaître l’une de ses plus violentes éruptions des 200.000 dernières années. Les Champs phlégréens, dans l’actuelle Italie, se sont mis à cracher des gaz et des cendres à plus de 1.000 m d’altitude, projetant à l’occasion des particules de dioxyde de soufre dans la stratosphère. Avec quelles conséquences ? La réflexion de davantage des rayons du soleil vers l’espace avant qu’ils n’aient pu réchauffer le sol. La planète se refroidit donc.

Mais quelle a pu être l’ampleur de ce phénomène ? C’est ce qu’a voulu mesurer Benjamin Black (université de Californie, Berkeley), à partir d’un modèle informatique. En fouillant les glaces groenlandaises, les auteurs de ce travail présenté lors du congrès annuel de la Société géologique américaine estiment à 50 millions de tonnes de dioxyde de soufre relargué dans l’atmosphère. Analysant les modifications climatiques et de pluviométrie locales, le post-doctorant en a conclu que sur les sites de l’Europe de l’Ouest où Néandertal vivait à l’époque ont été légèrement affectés, mais trop peu longtemps pour occasionner une disparition soudaine. Les conséquences se sont davantage fait ressentir plus à l’est. En Europe orientale, les températures ont globalement chuté de 3 °C. En Asie et en Amérique du Nord, le mercure est tombé plus bas encore : – 6 °C par rapport aux valeurs des saisons précédentes.

Suffisant pour éliminer toute une population humaine ? Probablement pas. Pour se donner une idée plus précise, les auteurs ont étudié les effets de la terrible éruption du supervolcan Toba (Sumatra, Indonésie) il y a 74.000 ans, pire encore que celle des Champs phlégréens, sur nos ancêtres modernes qui vivaient en Afrique (Pnas, 2013). Le Continent noir ne semble pas avoir vu son climat particulièrement altéré. Les Hommes ont dû bien supporter l’événement. Il y a de fortes raisons de croire qu’il en a été de même avec les volcans italiens, et qu’ils ne constituent pas le coupable de la disparition de Néandertal, de toute façon habitué à des climats particulièrement froids.

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