L’humanité a davantage de mères que de pères

Les êtres humains descendent toujours d’un père et d’une mère. Mais dans l’histoire de l’humanité, il y aurait eu davantage de femmes qui auraient donné la vie que de géniteurs. Ce n’est pas moi qui le dis, mais l’ADN qui a parlé.

Numériquement parlant, il y a plus de femmes devenues mères que d'hommes ayant vécu la joie d'être père. © Meagan, Flickr, cc by 20

Numériquement parlant, il y a plus de femmes devenues mères que d’hommes ayant vécu la joie d’être père. © Meagan, Flickr, cc by 20

Aujourd’hui dans le monde occidental, la société favorise la monogamie, en poussant les couples à s’unir durablement « pour le meilleur et pour le pire ». Mais ce mode de vie ne constitue pas la solution unique, et dans différentes cultures, aussi bien dans l’espace et le temps, il n’est pas forcément la norme. La polygamie se retrouve dans différents peuples, souvent à l’avantage de l’homme, autorisé à accueillir plusieurs épouses. On parle alors de polygynie, ou de harems dans le cas des sultans et des pachas ottomans. L’inverse, bien que plus rare, existe également : la polyandrie. L’histoire atteste de cas où elle fut la norme, bien qu’elle tende à s’éteindre aujourd’hui, malgré sa légalité au Bhouthan.

S’il est possible de remonter quelques siècles voire quelques millénaires en arrière, arrive toujours un moment où le scientifique ne peut plus se fier aux récits relatés dans les livres. Surtout à l’époque où l’écriture n’avait pas encore été inventée. Alors comment savoir comment s’ébattaient les Hommes de l’époque ? Eh bien aussi étrange que cela puisse paraître à certains, l’ADN en garde quelques traces. Non pas sur les détails, mais sur quelques grandes généralités.

Dans notre espèce, le sexe d’une personne tombe sous la dépendance de la génétique, et plus précisément d’un chromosome sexuel qui diffère entre les genres. Cette affirmation ne s’applique pas à tous les organismes : chez les abeilles par exemple, les mâles disposent de matériel génétique en quantité deux fois plus importante, tandis que la différenciation sexuelle des crocodiliens relève de la température externe durant la phase embryonnaire. Les chercheurs savent donc depuis longtemps identifier des régions du génome directement issues du père (le chromosome Y), tandis qu’il en existe d’autres qui proviennent uniquement de la mère (l’ADN mitochondrial). Des particularités que les spécialistes savent exploiter… mais jamais aussi bien que ne viennent de le faire Mark Stoneking et son équipe de l’Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne).

Chromosome Y Vs. ADN mitochondrial

L'ADN porte les vestiges d'un passé très lointain. © PublicDomainPictures, pixabay.com, DP

L’ADN porte les vestiges d’un passé très lointain. © PublicDomainPictures, pixabay.com, DP

Grâce à une nouvelle méthode, ils ont obtenu un panorama plus précis que jamais pour étudier les variations des séquences génétiques, protocole détaillé dans Investigative Genetics. En se focalisant sur 623 hommes issus de 51 populations provenant du monde entier, ils sont parvenus à la conclusion que les chromosomes Y varient davantage entre les peuples que l’ADN mitochondrial, même si les différences ne se révèlent pas aussi importantes que ne le laissaient croire des recherches précédentes.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’il y a une dilution plus importante du pool génétique issu des génitrices. Les femmes ont davantage transité de tribu en tribu, de telle sorte que leur ADN s’est davantage homogénéisé à la surface de la planète. En revanche, les divergences dans les chromosomes Y plaident plutôt pour une certaine sédentarité des hommes, qui restaient plus souvent auprès de la tribu qui les avait vu naître.

Cependant, lorsque les analyses se focalisent sur des zones plus localisées, on observe des différences. Par exemple, en Europe ou en Extrême-Orient, les différences dans le chromosome Y sont davantage marquées, preuve d’une importante migration féminine. Cependant, c’est l’inverse pour les populations africaines ou océaniennes.

Et leur étude creuse une autre question : celle de la proportion d’hommes et de femmes qui ont eu accès à la reproduction.  Effectivement, tout le monde ne goûte pas à la parentalité. Et leur analyse semble indiquer que globalement, la gent féminine compte davantage de parents dans l’histoire humaine. De quoi imaginer que la polygynie remonte au moins au Paléolithique.

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